
Le mercredi à 08h40, retrouvez la Chronique du Sud sur Antipode, la radio du Brabant Wallon.
Chaque semaine, Stéphanie Merle de notre département Education au Développement vous propose quelques réflexions sur l'état du monde, la coopération au développement et les rapports Nord/Sud.
Cette semaine, penchons-nous sur l'importation des produits au Congo.
Bonjour à tous,
Au Sud-Kivu comme dans le reste de la République démocratique du Congo, ceux qui veulent produire sont rares. La plupart des gens qui cherchent à gagner leur vie pensent d'abord à faire du commerce… Du commerce de produits importés venant des pays voisins ou de beaucoup plus loin.
Ces produits importés envahissent les marchés et la différence de prix est souvent assez importante.
Prenons le poulet, c’est assez basique dans l’alimentation africaine. Et bien, le poulet surgelé importé coûte en moyenne 3 euros , alors que le poulet sur pied qui vient d’un élevage local coûte plus du double. Pour une mesure de 300 gr de riz importé, il faut compter 50 cent, alors que pour la même quantité du riz local, il faut débourser 70 cent.
Les producteurs dans les pays étrangers qui utilisent les techniques modernes produisent à la chaîne et savent mieux contrôler le coût de production. Ca, les agriculteurs artisanaux congolais ne le font pas. Leurs produits restent donc chers et les consommateurs se tournent vers l'importé.
Revenons aux commerçants de produits importés. Ce n’est pas un négoce très lucratif pour eux. Les intermédiaires se multiplient. Sur les étals, les vêtements et les chaussures sont fabriqués en Asie, achetés à Kampala à des commerçants qui les font venir de Dubaï, par des Congolais qui les revendront à des vendeuses de rue… Du coup, il y a beaucoup de petits commerçants et par ricochet, beaucoup de concurrence.
Quant au pays ça ne lui rapporte guère non plus. Il doit d’abord sortir des devises pour payer ces importations. Et faute de contrôle rigoureux, les produits importés ne font pas entrer d'argent dans les caisses de l'État.
Il faut revenir à une consommation de produits locaux. On en parle souvent chez nous. C’est l’affaire des congolais aussi. Tout le monde y gagnerait.
En vous laissant à ces réflexions, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine.![]()