Sibylle et Nicolas à Kinshasa 🇨🇩

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Sibylle et Nicolas à Kinshasa 🇨🇩

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A travers ce journal de bord, Nicolas nous décrit sa journée type à Kinshasa, au centre de formation professionnelle Saint Joseph.

Nous voilà arrivés, après 15 minutes de descente, à Triangle. C’est ici que je laisse ma compagne Sibylle continuer vers Ndako Ya Biso. Je me dirige vers le centre de formation professionnelle (CFP) St Joseph. Arrivé là-bas, j’ai l’impression de ne plus être à Kinshasa, je passe du plastique par terre à des pelouses vertes, des « Eh Mundele » à « Bonjour Mr Nicolas ».

Ici, les jeunes du quartier viennent, dès 13 ans, se former aux métiers de la couture et du bâtiment (soudure, menuiserie, électricité, plomberie, froid ménager, assemblage aluminium). Une partie de ces jeunes arrivent de l’insertion professionnelle de Ndako Ya Biso. Ils ont connu la rue et veulent se former pour tirer un trait sur ce dur passé.

Le centre est divisé en deux parties : la formation et la production. Les jeunes sont formés dans des salles de classes, mais pour les travaux pratiques, ici on voit les choses en grand ! Les jeunes réalisent eux-mêmes les travaux de la production pour des clients qui décident de leur faire confiance. Ainsi, le centre construit des maisons dans Kinshasa, des meubles … Tout est réalisé par ces jeunes apprentis, même les bureaux dans lesquels je travaille sont imprégnés de leur sueur.

Lorsque j’arrive dans mon bureau, j’y retrouve le responsable de la production et son assistant. Ici, j’ai l’impression d’être dans le centre opérationnel d’une usine. Les différentes filières de production viennent chercher leur matériel, prendre l’argent pour les achats, discuter des devis… Bref, on voit du monde, tout cela avec les machines de la menuiserie en fond sonore.

La journée se calme un peu vers 13h, quand les élèves partent, et que la production s’arrête. J’apprécie beaucoup ces après-midis, où je peux prendre le temps de discuter avec le responsable de la production et son assistant, de comprendre leur vie ici, leur travail, leurs besoins. Car si j’ai bien compris une chose depuis 2 mois, c’est que je ne vais pas changer grand-chose moi-même dans ce centre. Cependant, là où le personnel verra un besoin, je m’y mettrai jusqu’au bout ! C’est comme ça que je viens de terminer un manuel de formation sur un logiciel 3D, venu d’une demande du directeur afin de pouvoir faire des visuels des meubles et maisons que construit le centre pour les clients.

En ce moment, je travaille également sur un outil de gestion financière pour évaluer l’avancement des gros projets du CFP. J’essaie d’être disponible, sans chercher à appliquer mes modèles européens, et j’avoue humblement que c’est très difficile… Je m’efforce d’être à l’écoute, et de me lancer dans leurs projets sans me poser trop de questions.

Quand le bruit commence à m’empêcher de travailler, je me lève et je vais discuter en face, à Ndako Eluyka (Notre espérance en lingala), la toute dernière réalisation des jeunes du CFP. Cette maison est destinée à l’insertion professionnelle. Le responsable s’occupe d’encadrer les jeunes qui souhaitent lancer leur micro-entreprise, une fois la formation au CFP terminée. C’est toute une machine qui se lance alors pour trouver à ce jeune un kit d’insertion, lui permettant de bénéficier des outils essentiels pour lancer sa production.

Ici, j’apprends une des réalités difficiles de Kinshasa : l’avenir professionnel de chacun est bien flou, même pour les plus privilégiés ou ceux qui ont fait des études supérieures. Le marché du travail est stagnant, avec des millions de Kinois qui n’attendent qu’une chose : pouvoir travailler…

Vers 15h, je commence à ranger mes affaires pour remonter, parfois un peu plus tôt. C’est en réalité mon ventre qui décide de l’heure à laquelle je pars. Ici on ne s’arrête pas pour déjeuner.

La montée vers la maison dans laquelle nous vivons est mon quart d’heure sportif, avec la fatigue de la journée, et la chaleur pesante de l’après-midi, c’est l’occasion de bien transpirer…

Arrivé à la maison, ce sont les retrouvailles avec Sibylle qui me raconte sa journée, et le déjeuner qui m’attendent.

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