
VRAI OU FAUX ?

1) 7,3 milliards d'euros à gagner pour les équipes nationales et les clubs
: Ce chiffre correspond en fait aux recettes des grands championnats européens. En juillet prochain, les équipes nationales ne toucheront « que » 300 millions € (61% de plus qu’en 2006). Le vainqueur recevra quant à lui 20 millions d'euros.
Ça ne tourne pas rond ! A titre de comparaison, seuls 32 millions d'euros serviraient à scolariser un demi-million d’enfants par an, surtout en Afrique. Mais on serait tenté de trouver cette comparaison déplacée tant le football relève pour la majorité d’entre nous, supporters, de l’émotion, de l’irrationnel. L’adhésion identitaire à une équipe finit parfois par se substituer à notre propre citoyenneté.?
A combien chiffrez-vous votre contribution financière par an au business du ballon rond ?
Pour en savoir plus :
Les bonnes affaires de la Coupe du monde (Le Monde)
L’indécent train de vie du football européen (Courrier international)
2) Un moyen de revivre pour Maradona
: L’équipe des Vakhegula Vakhegula, en Afrique du Sud, n’est pas une équipe comme les autres. Vakhegula Vakhegula signifie « les grandsmères » en langue xitsonga. Cette équipe de vénérables «mamies » s’entraîne même deux fois par semaine pour garder la forme.
Le bonheur est sur le terrain ! Beka Ntanwisi, initiatrice de ce louable projet géronto-footballistique explique les motivations de son projet : « Chaque fois que j’allais à l’hôpital pour soigner mon cancer du poumon, je voyais toutes ces vielles avachies avec leur hypertension, leur arthrite ou leur diabète : il fallait que je fasse quelque chose. » La doyenne de l’équipe qui n’a pas moins de 83 ans a survécu à 6 attaques cérébrales et se sent en meilleure forme que jamais. On la surnomme Maradona.
Pour en savoir plus :
Les grands-mères sud-africaines regardent vers le mondial (BBC Afrique)
3) 20.000 prostituées étrangères en plus
: Plus de 40.000 prostituées étrangères rejoindront les 40.000 péripatéticiennes « locales » à l’occasion de la Coupe du Monde. Elles viendront de pays africains comme le Congo ou le Nigéria, mais aussi de pays bien plus lointains comme la Russie.
Carton rouge ! Une véritable industrie du sexe se prépare en Afrique du Sud à l’attention du mâle-supporter. 3 millions d’enfants dans le monde sont, selon l'Unicef, exploités sexuellement dans la prostitution, la pornographie ou la traite. Pour rappel, le Mondial en Allemagne avait aussi eu son flot de prostituées: 40.000 était le chiffre avancé à l’époque. Un cortège dont peu de monde semble vouloir parler.
De multiples initiatives existent pour lutter contre ce fléau (pas la prostitution, mais l’industrie illégale que l’on en fait). Renseignez-vous auprès de la Fondation Scelles (France) ou du Collectif des femmes (Louvain-la-Neuve).
Pour en savoir plus :
40 000 prostituées en Afrique du Sud (Sports & marks)
Les raisons de la phobie sécuritaire (BBC Afrique)

4) Une aubaine pour le développement de l’Afrique du Sud
et
: Le gouvernement sud-africain et le comité organisateur ont assuré que tout le monde bénéficiera des énormes retombées économiques du Mondial. Avec 3 milliards d'euros d’investissement, ils espèrent en retirer le double de recettes. 129.000 emplois seraient également créés.
Un leurre ? La Bank of America-Merrill Lynch, estime néanmoins que l’effet économique de la Coupe du Monde n’est qu’un leurre. Une étude de ce géant bancaire américain démontre que tous les pays organisateurs, depuis la première coupe en 1954, ont en moyenne enregistré pendant l’année de la compétition une croissance économique inférieure à leur rythme habituel.
Pour en savoir plus :
La portée économique de la Coupe du Monde (Afrique Expansion magazine)
5) L’opportunité pour les joueurs africains ou latinos inconnus de se faire engager par les grands clubs européens
: La migration de joueurs Africains et Sud Américains vers les championnats européens a presque triplé ces dernières décennies. Tant mieux pour eux ! Mais pour un jeune qui perce, de nombreux autres se font recaler. Nombre d’entre eux sont abandonnés à leur propre sort, sans permis de travail voire sans billet de retour, par des agents sans scrupules.
Super vedettes SDF. En ne parlant que des histoires de réussite, les médias africains nourrissent une illusion de facilité qui fait des jeunes joueurs des proies faciles pour certains agents. Malgré quelques progrès, l’harmonisation internationale est encore très loin d’être effective. La Belgique est d’ailleurs mal placée dans la lutte contre cette dérive : elle se trouve être un pays tremplin, soit vers la gloire, soit vers l’abysse.
En France, l’association Foot Solidaire prend en charge les victimes de ce marché. Un exemple à suivre pour la Belgique ?
Pour en savoir plus :
Football, promesse et argent (Sports & marks)
Jouer en Afrique plutôt qu’échouer en Europe (Syfia Info)

© Adidas
6) Des chaussures de foot vendues à 90€ par Adidas alors que Sumi, l'ouvrière qui les fabrique, ne gagne que 3€ par jour
: Adidas vend ses chaussures entre 100 et 110€ alors que la plupart des travailleurs qui produisent des vêtements de sport gagnent moins de 1,5€ par jour. Pour couvrir ses besoins fondamentaux, une travailleuse du Bangladesh, devrait gagner un salaire cinq fois plus élevé que le minimum légal auquel elle est payée.
Le beurre et l’argent du beurre… Les grandes marques de l’industrie de l’équipement sportif jouent un jeu trouble. D’un côté, elles demandent à leurs fournisseurs de ne pas avoir recours au travail forcé et de garantir la liberté d’association. De l’autre, elles exigent des délais de livraison extrêmement courts, et des prix toujours plus bas. Pour s’en sortir, les fournisseurs se limitent souvent à simuler le respect du code de conduite auxquels ils s’étaient engagés.
Plusieurs associations vous donnent des pistes concrètes pour défendre les droits des travailleurs de l’industrie textile : Campagne vêtements propres (à Louvain-la-Neuve), Amnesty international ou Solidarité Mondiale.
Pour en savoir plus :
Nous voulons des vêtements propres (Campagne vêtements propres)
Nike double ses bénéfices à l'approche de la Coupe du monde de football (Trends)

© Campagne Vêtements propres Play Fair 2004
7) Des milliers de peluches makarapas, la mascotte officielle de la compétition, à distribuer
: Les « makarapas » sont des casques de mineurs décorés par les supporters de foot aux couleurs de leur équipe fétiche. En fait, nombre des mineurs d’Afrique du Sud sont des migrants venus des pays voisins. Le but, à l’origine, était de protéger les supporters des bouteilles jetées sur le public, quand les stades servaient d’exutoire sous l’Apartheid.
La vraie mascotte des mineurs. La mascotte de la coupe du monde 2010, s’appelle Zakumi, un léopard avec des cheveux verts. Son nom vient de « ZA », l’abréviation internationale pour l’Afrique du Sud, et « kumi », un mot qui signifie « dix » dans diverses langues africaines. Bonne nouvelle : Shanghai Fashion Plastic Products, l’usine chinoise qui fabriquait cette mascotte a été fermée lorsqu’on a appris qu’elle employait des adolescents travaillant 13 heures par jour pour un salaire de 2,2€.
Pour en savoir plus :
Zakumi, la mascotte qui empoisonne les relations entre Pékin et Pretoria (France24)
8) 1 milliard de préservatifs
: 12% de la population sud-africaine est porteuse du VIH/Sida (5,7 millions de personnes), 1000 personnes décèdent chaque jour des suites de la maladie. C’est pourquoi le président Jacob Zuma a lancé un appel à l’aide internationale pour constituer un stock d’un milliard de préservatifs avant le Mondial.
Pour que ça ne capote plus ! En 2008, environ 33,4 millions de personnes étaient atteintes de la maladie dans le monde. Dans les pays à faibles ou moyens revenus, l’accès à un traitement a certes augmenté mais le nombre de nouvelles infections au VI H/ Sida continue à devancer le nombre des personnes sous traitement (pour 2 personnes entamant un traitement, 5 autres sont infectées par le virus).
Sortez couverts et n’hésitez pas à faire un don pour la recherche contre la maladie si vous en avez les moyens. Plus d’infos : Sida Action ; Programme commun des Nations unies sur le VIH/SIDA
Pour en savoir plus :
Congo Brazzaville : des prostituées tiennent plus à la vie qu’à l’argent (Syfia info)
Carton jaune pour le VIH/SIDA (Changelecours.org)